Et on remet nos chaussures de randonnée pour la 5ème étape de notre tour du Mont Blanc. L’objectif du jour, depuis le refuge Robert Blanc où on a dormi, c’est le col de la Seigne, à la frontière franco-italienne. On suit comme la veille le sentier Thomas Roques, variante du TMB.
Cette étape fut l’occasion d’une très belle journée de randonnée dans le Mont Blanc avec des paysages de hautes altitudes toujours aussi majestueux !

Pour en savoir plus sur notre trek, destination cet article : notre Tour du Mont Blanc en famille

Départ depuis le refuge Robert Blanc vers le col de la Seigne

Lever à 6h45 pour aller prendre le petit-déjeuner à 7h. Et à 7h50, on démarre cette journée aussi spectaculaire que la veille mais peut-être moins effarante, quoique on a eu droit à un passage bien vertical sur une très haute paroi de bien 50m de haut…

On part de 2750 d’altitude pour atteindre le col de la Seigne à 2516m d’altitude. Journée de rando facile avec que de la descente ? Non, pas vraiment… Le sentier est en balcon, certes mais on monte et descend sans arrêt, soit 239m de dénivelée positive sur une distance de 7,3km. Et surtout, le sentier est très exigeant avec des passages compliqués pour traverser des rivières, escalader des bosses rocailleuses parfois très hautes… Donc, non, ce n’est pas une balade de santé.

Un panneau au refuge Robert Blanc nous indique 3h pour atteindre le col de la Seigne. On aura mis 4h pour atteindre la butte au-dessus du col de la Seigne.

Topo détaillé de notre randonnée vers le col de la Seigne

Depuis le refuge Robert Blanc, on suit un sentier en balcon, puis une descente très raide sur du rocher.

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On approche ensuite une moraine. On descend sur la ligne de crête de la moraine. En réalité, le sentier plus facile passe en dessous. Mais la 10aine de randonneurs partis devant nous est passée par en haut, par le chemin le plus difficile… On est obligé de suivre. Si on passe par en dessous, on risque de recevoir quelques cailloux…

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On se dirige vers le Glacier des Glaciers sous lequel on va passer.

C’est un pur bonheur de marcher dans ce décor de haute montagne au milieu de la roche oxydée rougeoyante et de la végétation rase.

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Une semaine avant notre départ pour les Tour du Mont Blanc, on était allé bivouaquer au lac Mya dans le Beaufortin. Le Glacier des Glaciers nous faisait face : lorsque j’avais vu par où on avait prévu de marcher pour le TMB, un gros gloups m’avait parcourue de la tête aux pieds… Comment est-ce possible, un sentier passe par là?

Et à présent, on y est sur cette paroi ! Au pied du mur ! Eh bien, comme toujours, c’est très impressionnant de loin: le sentier, même s’il comporte quelques passages à escalader avec des mains courantes et des marchepieds, est tout à fait praticable et bien moins effrayant qu’il n’y paraissait. Et après ce qu’on a fait la veille, on relativise beaucoup les difficultés rencontrées sur cette portion de notre spécial TMB. Il n’empêche que cette rando, comme celle de la veille, reste de la randonnée en haute montagne avec des passages techniques. Donc comme pour la randonnée de la veille, à faire que si vous êtes des marcheurs aguerris, ayant une bonne habitude de milieux escarpés.

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On approche le Glacier des Glaciers et passe dessous : les 1ères difficultés proviennent surtout de la fonte du glacier. Il faut franchir de nombreux ruisseaux. Le 1er qu’on doit traverser a perdu sa passerelle. Il est très tumultueux. On doit sortir du sentier et trouver un passage plus bas pour le traverser sans mettre les pieds dans l’eau. Pour ne rien changer à nos habitudes, on traverse aussi quelques névés mais ils sont moins risqués que ceux de la veille lorsqu’on est passé par le col d’Enclave et le col de la Grande Ecaille.

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L’autre difficulté est due au passage du glacier qui a raboté, creusé des combes avec de hautes buttes rocheuses à franchir, certaines très hautes et très verticales. Les buttes les plus escarpées sont équipées de câbles et marchepieds.

On avance ainsi en balcon toute la matinée, entre rivières et combes à franchir. On aperçoit au loin le col de la Grande Ecaille qu’on à franchi la veille rattaché à une longue crête montagneuse. On n’en revient pas d’être passé par là… Voir le topo de cette randonnée vers le refuge Robert Blanc.

 

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On finit par atteindre le bout de la longue paroi qu’on vient de traverser et on se retrouve au pied d’une haute butte toute en schiste, comme au col de la Grande Ecaille la veille ! Ah ! Ça nous manquait, ce genre de paroi très haute, bien verticale avec de la roche bien friable et glissante sous les pieds !

Heureusement, contrairement au col de la Grande Ecaille, le passage est sécurisé par des câbles. On attend que 3 randonneurs devant nous finissent de franchir la paroi. Pas envie qu’ils nous tombent dessus… Et on se lance sur le sentier qui part d’abord en zigzag. Puis une main courante permet de monter jusqu’en haut de la paroi. Ensuite, toujours agrippés à notre câble, on part sur la gauche en suivant la paroi sur sa longueur. Des marche pieds facilitent le passage également. C’est vertigineux, aérien. On avance lentement, assure les enfants à chaque passage délicat en restant sous eux ou à côté.

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Et on atteint le haut de notre butte ! Grosses étreinte familiale ! On est fier de notre exploit familial ! C’est la fin des 2 jours de rando très casse-cou même si pour la suite de notre TMB en famille, on a encore prévu de passer par d’autres variantes très alpines et très spectaculaires.

On aperçoit en contrebas le col de la Seigne : une foule compacte de randonneurs s’y presse. On voit aussi passer de nombreux VTTistes. On préfère rester au calme sur notre butte pour notre pause-déjeuner. 

On aperçoit le bout du nez du mont Blanc à travers les nappes de nuages.

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C’est 13h lorsqu’on redescend au col de la Seigne. On longe la frontière franco-italienne signalée par des bornes. Les enfants, facétieux, s’amusent à passer sans arrêt d’un côté à l’autre.

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On atteint le col de la Seigne, le col le plus bondé de notre TMB avec ses flots de randonneurs se déplaçant en groupe serré.

Dormir vers le col de Seigne ?

On est en Italie, la réglementation pour le bivouac dans cette partie des Alpes italiennes n’est pas la même qu’en France. Le bivouac n’est autorisé qu’à partir de 2500m d’altitude. Pour respecter cette réglementation, on avait prévu de monter notre tente au bord d’un lac situé au-dessus des 2500m, le lac du Mont Percé. On aperçoit depuis le col de la Seigne le sentier très escarpé, avec quelques névés encore très raides à franchir…

Nos 2 jours de randonnée très techniques en haute montagne nous ont pas mal éreintés. Remonter avec la fatigue accumulée sur un sentier risqué ne nous paraît pas prudent. Le souci, c’est que les refuges sur le TMB sont pleins à cette époque. Que prévoit la réglementation dans ce type de cas quand la randonnée implique de faire des choix, ceux de la prudence, donc de changer de circuit?

On récupère donc le sentier officiel du TMB, noir de randonneurs. C’est la partie où on en a vu le plus. Et c’est impressionnant : c’est un défilé incessant.

On redescend en direction du refuge Elisabetta en passant par la Casermate. Le sentier droit, lisse, sans caillou nous paraît bizarre ! Comme si on n’était plus en montagne… On longe une vaste prairie inondée par un flot de fleurs jaunes et irriguée par des ruisselets.

On a besoin de points d’eau pour nos bivouacs. On décide de s’installer au bout de la prairie à l’abri du vent vif. On attend le plus tard possible, 20h passées pour monter les tentes. On prévoit de se lever très tôt pour enlever les tentes et ne pas déparer dans le paysage avec…

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