Cette randonnée vers le refuge Robert Blanc constitue la 4ème étape de notre tour du massif du Mont Blanc. C’est une rando hors sentier battu, en dehors du sentier officiel. Elle ne fait même pas partie des variantes possibles de ce trek.

On a choisi cette option très alpine pour varier le parcours que j’avais déjà fait en passant par le col de la Croix du Bonhomme lors de mon 1er TMB. Et aussi pour approcher des paysages de hautes montagnes. Et on n’a pas été déçus ! Même si cette journée de randonnée et la suivante furent très costaudes, parfois très stressantes, on a traversé des paysages prodigieux. Et on n’était pour ainsi dire les seuls : on n’était pas 10 randonneurs sur ce sentier passant par les hauteurs et frôlant les glaciers !

On est parti des lacs Jovets où on a bivouaqué et on a gravi le col d’Enclave puis ensuite le col de la Grande Ecaille. On a récupéré ensuite le sentier Thomas Rocque et on est monté au refuge Robert Blanc où on a dormi.

On a gravi 884m de dénivelée et parcourut 5km de distance en 8-9h de marche environ.

Pour en savoir plus sur notre trek, destination ces articles :

Difficulté de cette rando dans le massif du Mont Blanc

Cette randonnée passant par le col d’Enclave puis le col de l’Ecaille est une randonnée très exigeante, relevant pour certaines parties de l’alpinisme avec une paroi à pic à franchir pour le col d’Enclave, un col très raide et glissant pour le col de la Grande Ecaille. Et si le col de le Grande Ecaille contient le mot écaille, ce n’est pas qu’un mot : ce col est vraiment comme une écaille très fine à passer !

Vos enfants et vous-même doivent avoir un très grande expérience non seulement de la randonnée mais être un peu escaladeurs, ne pas craindre le vide pour franchir des passages très dangereux.

Cela dit, vous pouvez éviter cette portion si vous la craignez et emprunter la variante du TMB passant par le col du Bonhomme.

Topo détaillé de notre randonnée vers le refuge Robert Blanc

 

Comme notre journée va être très longue, la plus ardue de notre TMB en famille, on se lève à l’aube à 6h15.

Cinq randonneurs sont partis devant nous : on peut ainsi avoir une idée de leur progression et par où passe le sentier. Après avoir admiré le sublime reflet des montagnes dans le lac Jovet, on s’élance sur le sentier balafrant de zigzags la 1ère bosse à franchir.

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Ascension du col d’Enclave

On part de 2179m d’altitude pour monter au col d’Enclave à 2672m.

Le sentier est très raide et sans souci au début. On avance ensuite le long d’un pierrier. On retrouve l’herbe avec le sentier montant en zigzag.

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Le sentier devient ensuite très raide et on commence à mettre les mains sur les rochers pour monter. Ce sont les derniers 200m de dénivelée qui sont très périlleux et nécessitent la plus grande prudence. On range nos bâtons de marche et progresse à flanc de falaise. On progresse très lentement le long de la paroi rocheuse verticale. On prend surtout le temps de bien repérer les passages balisés dans la roche.

On fait des pauses de temps en temps pour admirer le sublime panorama. On en bave mais il s’agit tout de même d’apprécier les paysages de montagne ! En contrebas, à la verticale on peut voir tous les lacs Jovet ceinturés par les monts Jovet et au loin la chaîne des Aravis.

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On doit monter environ 500m de dénivelé sur une très courte distance. C’est l’enthousiasme lorsqu’on atteint enfin le col d’Enclave au bout de 2h30 d’ascension très éprouvante, physiquement et nerveusement. La montée est très alpine mais surtout, il ne faut pas oublier qu’on doit gérer notre équilibre avec des sacs à dos très lourds et très volumineux.

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Donc pour nous, une belle performance et surtout, une belle récompense au col avec une vue à 360° époustouflante sur les Alpes ! Une vue à la fois verticale et horizontale sur les lacs Jovet en contrebas d’un côté du col d’Enclave et le lac d’Enclave de l’autre côté à moitié enfoui sous la glace. On aperçoit de ce côté du versant le Mont Pourri et, on suppose, le vaste glacier du Grand Paradis en Italie.

Vers le col de la Grande Ecaille

Et on aperçoit aussi la suite de notre aventure à pied! Notre journée de trek est loin d’être fini : l’objectif de la journée est d’atteindre le refuge Robert Blanc. Il est encore très loin. On a encore 2 montées à faire et de longues distances à parcourir entre ces 2 montées ! C’est une de nos journées les plus coriaces, si ce n’est la plus coriace !

La suite de notre sentier est indiquée en pointillée sur notre carte IGN: pourtant c’est la portion la plus facile de notre parcours. Le sentier est très bien tracé et ne présente aucune difficulté.

On descend le long d’un sentier un peu raide et caillouteux. On atteint le lac d’Enclave en contrebas recouvert en partie de neige. Celle-ci fond en formant une étoile bleutée très photogénique.

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On traverse une série de névés et atteint le bord du plateau qu’on vient de traverser. On aperçoit au loin la suite du circuit et repère un bon nombre de belles difficultés en perspective… Les 3 seuls randonneurs de la journée qui auront fait le même parcours que nous et qu’on retrouvera au refuge Rober Blanc crapahutent sur le sentier menant au col de la Grande Ecaille à 2751m. On les voit passer par les hauteurs et franchir un gros névé nous paraissant bien pentu… Et au loin, le col très raide se perd dans de la caillasse…

Petit coup de stress mais on le savait : on a étudié avec soin les difficultés de chaque étape de notre TMB. Cette journée faisait partie de celle qui nous posait le plus de soucis. Un ami adepte du trail du Mont Blanc et la Petite Trotte à Léon (encore plus corsé que le trail du Mont Blanc) nous avait dit que c’était que du cailloux mais que ça passait sans souci sur cette étape… On est en effet bien passé mais c’était tout de même costaud! Encore une fois, une étape à réserver aux familles de randonneurs chevronnés.

Les difficultés ne nous empêchent pas d’admirer le paysage de haute montagne tout en rochers, éboulis, plaques de neige et sommets tutoyant le ciel.

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On poursuit notre longue traversée en direction du col de la grande Ecaille. On traverse un vaste plateau et approche d’une longue barre rocheuse. On atteint notre 1ère zone critique. On reste dans l’expectative devant un névé très raide à franchir sur un 20aine de mètres et ensuite à nouveau du rocher qu’il faut escalader pour retrouver un peu plus haut le sentier perdu sous la neige.

On redonne les consignes aux enfants (pour nous rassurer…) : bien tapé les pieds sur le devant pour accrocher à la neige, bien planter les bâtons de marche. C’est Raphaël qui ouvre la marche et fait la trace. On ne passe pas là où sont passés les randonneurs avant nous. On préfère suivre une autre voie nous paraissant plus sûre. On progresse à allure régulière et tranquillement. On atteint le bout. On respire. Personne n’a glissé. Nous reste un rocher à escalader avec nos gros sacs à dos de randonnée. Et enfin, on reprend pied sur un sentier bien tracé.

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On poursuit notre avancée sur un sentier en balcon et on atteint le pied du col de la Grande Ecaille : à nouveau « stupeurs et tremblements »… Le col très raide est tapissé de pierres de lauze friables et dessous c’est de la boue glissante. Le col le plus casse-gueule qu’on ait eu à franchir de notre TMB ! C’est comme si on devant monter sur une montagne de coquillages concassés posés sur du beurre ramolli.

C’est très glissant, instable. On doit s’assurer que chaque pas est bien ancré dans le sol. Pour corser l’aventure, on ne peut pas suivre le sentier en partie sous la neige. On doit contourner par la pente glissante. On avance en zigzag et à tâtons en essayant de trouver les meilleurs passages. On avance les dents serrés (pas que les dents d’ailleurs…).

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Col de la Grande Ecaille vue du refuge Robert Blanc

On finit par atteindre le col de la Grande Ecaille, fin comme une arête. Et on voit la suite, verticale, devant nous ! Et on voit le refuge Robert Blanc, très loin encore… Perché à l’orée de crêtes tout près du Glacier des Glaciers. Et pour l’atteindre, une haute moraine avec un sentier comme sur un fil de rasoir et … des névés à franchir ! Et on se reprend un petit coup de  »stupeurs et tremblements ».

Cela dit, on ne le sait pas à ce moment-là mais le plus coriace est derrière nous. Après ce que l’on vient de traverser, la suite du sentier s’avère très facile. Lorsqu’on verra le col de la Grande Ecaille de loin après en être descendu, cela nous paraîtra démesuré d’être passé par là.

Le sol du col de la Grande Ecaille au tout début de notre descente est une vraie farine de lauze. On descend à petits pas sur quelques mètres. Et ensuite le sentier est tout en cailloux et on descend en zigzag sans souci. Cette descente facile nous paraît improbable. On a du mal à y croire !

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On atteint en contrebas la zone herbeuse. C’est midi et demi. Après une matinée riche en émotions et en paysages traversés, on est content de déposer le sac à dos rando et de s’étaler dans l’herbe pour les pause pique-nique.

Dernière ascension vers le refuge Robert Blanc

On est au bord du glacier des Lanchettes dont l’extrémité se déploie en un large entrelacs de ruisselets. On voit au loin le refuge de Robert Blanc. Il faut avouer qu’on se demande si on va réussir à l’atteindre. La matinée nous a déjà bien éprouvés sur le plan physique et nerveux… Toutes ces difficultés à surmonter, ces névés et cols improbables à franchir avec des sacs à dos de randonnée qui nous déstabilisent…

Notre randonneuse en herbe râle, non pas parce qu’elle serait fatiguée : elle veut qu’on aille jusqu’au bout, jusqu’au refuge Robert Blanc ! Comme d’habitude, elle a la patate et surtout, elle sait que dans les refuges, on est soigné aux petits oignons… Elle ne veut pas manquer une seule occasion de s’y rendre !

Après notre pause, on poursuit notre descente jusqu’au réseau de ruisselets en contrebas. On atteint un panneau : il nous indique 45 minutes pour atteindre le refuge. Ah ! On s’attendait à bien plus ! On s’informe tout de même auprès de randonneurs qu’on a vus redescendre du refuge comment ça passe sur les névés : ils nous rassurent. Equipés comme on l’est avec de bonnes chaussures de randonnées et des bâtons de marche, pas de souci.

Allez, on se lance sur la crête effilée de la moraine, un passage très spectaculaire. Ravie, notre randonneuse en herbe galope devant ! C’est reparti pour notre 3ème ascension de la journée ! D’un pied alerte (!…), on franchit la bosse avant très raide de la moraine puis avance sur le sentier qui file sur son échine.. On suit ensuite un sentier le long d’une paroi rocheuse. On craignait un peu ce passage de loin mais on avance sans souci sur un sentier tracé dans la caillasse. On atteint des rochers orangés. On est sous des crêtes acérés et noirâtres. On est au cœur d’un univers minéral à plus de 2700m d’altitude.

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On franchit le névé qui nous inquiétait. A tort. Il n’est pas aussi raide que ceux franchis dans la matinée. La neige en milieu d’après-midi est molle. On enfonce bien les chaussures et traverse sans souci.

Bientôt le refuge Robert Blanc posé sur pilotis est en vue. Notre ultime approche, on a du mal à croire qu’on ait réussi cette journée de randonnée, celle qui nous paraissait la plus problématique !

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Soirée et nuit au refuge Robert Blanc

On ne regrette pas notre effort pour atteindre ce bout du monde alpin. Le refuge Robert Blanc est comme enroché dans un univers lunaire. Les montagnes se dessinent à l’horizon avec leur relief tourmenté. Un silence feutré y règne, comme si on avait atteint une autre sphère, inhabitée parce qu’inhospitalière, nous acceptant parce qu’on est de passage…

On arrive au refuge à 16h passées. Le gardien n’en revient pas qu’on soit passé par le col d’Enclave et le col de la Grande Ecaille. A priori, il n’y a que nous et 3 autres randonneurs à s’être aventurés dans les parages. Allez, sans fausse modestie, on va dire qu’on a accompli un exploit avec les enfants pour cette étape du Tour du Mont Blanc !

On passe le reste de la journée à se prélasser sur la terrasse. Comme le refuge est loin de tout et surtout de sources d’eau conséquentes pas de douche. On mérite un bon petit dîner au refuge Robert Blanc et une nuit douillette dans un petit dortoir à 8 places. Le refuge lui-même est d’ailleurs de taille modeste. Il accueille ses 23 randonneurs pour la nuit. Ambiance paisible de haute montagne das ce refuge d’altitude. Comme on aime!

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