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Musée et maison Alexandra David Néel à Digne

Lors de notre week-end dans le Verdon,  nous avons fait une halte à Digne. Depuis plusieurs années, je souhaitais découvrir la maison d’une des plus grandes aventurières du XXè siècle, Alexandra David Néel.

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Une aventurière philosophe

Elle fait partie de ce club des aventurières de la fin du XIXè siècle et début XXè siècle qui ont franchi les barrières sociales (pas les plus faciles…) pour vivre la vie qu’elles se sont choisies : Alexandra David Néel, Ella Maillart, Isabelle Eberhardt, Odette du Puigaudeau, etc., des femmes libres au destin hors du commun!

Alexandra-David-NeelAlexandra David Néel fut plus qu’une aventurière : c’était aussi une philosophe et une adepte du bouddhisme qu’elle a largement contribué à faire connaître en Europe à travers ses écrits et ses pérégrinations.

Alexandra David NéelAlexandra David Néel est connue pour son livre Voyage d’une Parisienne à Lhassa : sous ce titre un peu mondain, se cache le récit d’une aventure hors du commun. Déguisée en mendiante et accompagnée de son fils adoptif, elle a voyagé à pied pendant 8 mois et a réussi à franchir les portes de la cité interdite de Lhassa. Un exploit à l’époque!

Après des années de tribulations parfois cocasses, elle a choisi de s’installer à Digne : on visite la maison où elle a passé la fin de sa vie.

Cette visite à Digne est l’occasion pour les enfants de découvrir une voyageuse exceptionnelle mais aussi de leur faire connaître le bouddhisme. A côté de la maison d ‘Alexandra David Néel, a été aménagé un espace culturel consacré à cette philosophie de vie.

La visite guidée de l’espace bouddhiste et de la maison d’Alexandra David Néel est gratuite.

De longs drapeaux tibétains nous accueillent à notre arrivée. Deux lions sur une pelouse, symboles du Tibet, veillent sur les lieux.

 

Visite du musée Alexandra David Néel

On est d’abord conduit dans l’espace culturel au style architectural asiatique. On assiste à la projection d’un film retraçant l’existence tumultueuse d’Alexandra David Néel.

On parcourt ensuite les différentes parties de l’espace culturel en compagnie du guide. Les enfants voient pour la première fois les longues planches des livres tibétains. Ils découvrent comment sont imprimés ces livres avec les planches en bois qui font office de tampon.

On peut ensuite admirer un grand mandala : c’est un vrai réalisé avec du sable coloré et qui a nécessité 5 mois de travail. La finesse des détails est extraordinaire. Le guide nous montre comment le mandala est réalisé à l’aide d’une pipette qui contient le sable. Elle tapote sur la pipette pour en faire sortir le sable. On apprend qu’il faut plus de 15 ans d’apprentissage pour maîtriser cette technique.

On est initié aux pratiques tibétaines grâce à une mise en scène avec mannequins en costume traditionnel et instruments de musique tibétains. On apprend que certains instruments sont réalisés avec des os et crâne humains. « Tout se recycle et connaît une seconde vie », commente notre guide.

Rien ne se perd. Tout retrouve un usage dans le monde. une philosophie pragmatique et respectueuse de l’environnement qui nous va…

Le guide prend ensuite des bols tibétains : elle fait glisser sur le bord du bol un instrument. Peu à peu s’élève du bol un son limpide et cristallin qui semble faire vibrer l’air. Et ce n’est pas qu’une métaphore : si on approche la main des bols, on sent physiquement l’air vibrer.

On change de décor et découvre une des tentes utilisées par Alexandra David Néel lors de ses expéditions. Ces tentes sont si solides qu’elles ont traversé le temps : le matériel de camping avec un fusil est aussi disposé autour de la tente. Le guide nous fait sentir une gourde en bois qui dégage encore l’odeur puissante du thé au beurre de yack. On s’attend presque à déguster une tsampa… Tout cela ravive nos souvenirs lorsque nous avions traversé le Laddakh à pied, une région fabuleuse surnommée le Petit Tibet.

On s’avance ensuite vers un stuppa, un vrai, qui a été béni par un moine bouddhiste et contient des reliques. On tourne les moulins à prière qui sont disposés autour du stuppa. On admire aussi une vaste fresque sculptée en beurre coloré. Celle-ci fait 2 m de haut mais certaines peuvent atteindre plus de 10 m.

 

La maison d’Alexandra David Néel

Après cette initiation à la culture tibétaine que les enfants ont beaucoup aimée, on se rend dans la maison d’Alexandra David Néel. On pénètre d’abord dans son antre spirituel, un espace clos aménagé en lieu de culte bouddhiste avec statues, statuettes, bols, peintures de divinités.

C’était aussi une pièce d’apparat dans laquelle notre voyageuse accueillait les journalistes et construisait aux yeux de ceux-ci sont image d’aventurière de contrées lointaines et exotiques.

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Quel contraste avec les 2 autres pièces qu’on visite : le bureau et la chambre.

On découvre des pièces exigües, austère, monacale, presque pas meublée. Le bureau est une … table de camping! Avec l’âge, comme tout le monde, Alexandra David Néel se tassait et sa table de bureau en bois était devenu trop haute. Sa fidèle amie et secrétaire dite la Tortue, lui a alors déniché cette table de camping qu’elle a adorée!

Pour quelqu’un qui a foulé les immensités, cet espace restreint presque oppressant peut surprendre. Mais si on regarde bien la pièce, on peut s’apercevoir, que le bureau est placé pile face à la fenêtre qui donne sur le jardin et le ciel. J’imagine alors sans peine Alexandra David Néel courbée sur sa table de camping levant de temps en temps la tête pour regarder dehors et s’évader par la pensée. C’est le moment où je me suis sentie très proche de l’aventurière: on est copines de bureau, en quelque sorte, puisque j’ai aussi placé mon espèce de table de travail face à une fenêtre avec vue sur mes montagnes vénérées…

Ce bureau minuscule et sobre peut surprendre pourtant il ne faut pas oublier qu’Alexandra David Néel était bouddhiste et avait fait le choix de vivre sans ostentation et dans le mépris des richesses matérielles. Ce n’est pas donc l’intérieur d’un explorateur qui ramène ses trophées du bout du monde qu’on découvre mais d’une personne qui avait fait un choix de vie austère et simple et l’appliquait!

On découvre le fauteuil où Alexandra David Néel est décédée à 101 ans.

La soif de vie et de voyage l’a animée jusqu’à son dernier souffle : à 100 ans et demi, elle faisait renouveler son passeport avec l’intention de faire le tour du monde!

Et la veille de sa mort, elle planifiait l’écriture de 4 livres!

Insatiable! Passionnée! Alexandra David Néel est un personnage fascinant qui marque l’esprit des enfants et leur fait découvrir le voyage sous un autre angle, celui de l’expédition et de l’aventure intérieure.

Dans une vitrine, sont exposés les objets lui ayant appartenu : appareil photo, sac à dos utilisé lors de son périple pour se rendre à Lhassa. On termine la visite de la fondation Alexandra David-Néel par une salle où sont exposées des photos d’Alexandra David Néel. On peut observer la fameuse photo où elle pose devant le Potala en compagnie de son fidèle Yongden.

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